Katanga-Fizi en ébullition vives tensions entre services fiscaux et société civile sur les taxes illégales

Katanga-Fizi en ébullition vives tensions entre services fiscaux et société civile sur les taxes illégales

Katanga-Fizi, RDC – Les débats étaient électriques ce jeudi 17 Juillet 2025, où les services fiscaux et les représentants de la société civile se sont retrouvés face à face dans une tribune d’expression populaire, une émission publique réalisée au grand Marché de Katanga par le consortium de 4 Radios communautaires de Fizi pour aborder une question qui mine la vie économique locale : les tracasseries fiscales et la perception de taxes jugées illégales.

Réunis devant un public surchauffée de Katanga, des représentants des commerçants, des associations paysannes, des autorités locales et des services de l’État ont échangé pendant plusieurs heures dans une atmosphère tendue, parfois explosive.

« Nous sommes étouffés ! », se sont exclamé des petits  commerçants du marché Katanga.  « Chaque semaine presque, un nouveau service vient nous réclamer de l’argent. Des taxes sans quittance, sans base légale. Ce n’est plus de la fiscalité, c’est du racket ! »

*Des voix en colère, des autorités sur la défensive*

Face à ces accusations, les agents des services fiscaux, notamment Mr MUKAMBWA KASIMBA Donat de l’EPEMEA et Ir. Justin KYOSSE du service de l’AGRICULTURE, ont tenté tant bien que mal de défendre leur position.

 Certains reconnaissent l’existence de dérives individuelles, mais rejettent toute accusation de système organisé de perception illégale. 

« Il y a des brebis galeuses, c’est vrai, mais il ne faut pas généraliser, » a déclaré un cadre de l’EPEMEA, visiblement agacé. « Nous appliquons les textes. Si des agents abusent, nous sommes prêts à collaborer pour les sanctionner. »

Des propos loin de calmer les représentants de la société civile. L’un d’eux, membre du comité local du contrôle citoyen de l’action publique, présenta une argumentaire attestant noir sur blanc que des fausses nomenclatures sont en circulation sur des frais imposés à des pêcheurs, agriculteurs et petits commerçants.

 « Ces pratiques créent une méfiance totale envers l’État. Comment voulez-vous que les citoyens paient s’ils n’ont aucune garantie de transparence ? »

*Une économie informelle à bout de souffle*

Au cœur du débat : la pression fiscale sur une économie majoritairement informelle. À Katanga-Fizi, comme dans d’autres territoires du Sud-Kivu, la majorité des habitants vivent de petits commerces, d’agriculture de subsistance ou de pêche artisanale. Pour eux, chaque franc congolais compte. A indiqué Mr TUSAMBE TOUSSAINT,  président communal de la société civile à Katanga. 

 « Nous voulons bien payer nos impôts et taxes, mais pas être rançonnés ! » lance une femme revendeuse de farine de manioc au marché de Katanga qui a recquis l’anonymat. 

Même les cultivateurs se font harceler par des soi-disant agents fiscaux. »

*Vers un dialogue ou un durcissement ?*

Malgré les cris, les interruptions, et parfois des échanges virulents, certains signes d’ouverture ont émergé. Le président de la société civile Katanga a proposé l’identification des taxes illégales et de sensibiliser la population sur ses droits et devoirs fiscaux.

Mais la méfiance populaire à l’egard des services fiscaux reste palpable.

Radio Amani Fm-Malinde

Amani FM

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